C’est grâce à lui que tout a commencé…

Il était un de ces piliers immuables. Solide et inoubliable. Il a été pour moi comme un second père, un de ceux qui te construisent et te donnent le bon chemin pour une vie plus douce. Pour tout vous dire, si vous lisez ces lignes aujourd’hui, c’est lui qu’il faut remercier, ou pas. Quand je l’ai rencontré, j’avais à peine six ans. Et encore tout à combattre. Une petite fille timide qui pensait n’avoir rien à offrir, qui ne parlait pas de crainte de n’avoir rien à dire. Qui gardait tout à l’intérieur .J’aimais les mots déjà, beaucoup. Les lire, les entendre, les écrire. Mais je ne les donnais à personne, je ne les disais pas. Je cachais ce que j’écrivais, je ne voulais embêter personne….

Et puis lui, sans le savoir, a ouvert cette porte. Parce qu’il a pris le temps de voir qui j’étais et ce que je j’avais à donner. Je ne sais pas encore aujourd’hui s’il se rendait compte de ce que ça représentait pour moi. Je crois bien, avec le recul, que je ne m’en rendais pas compte non plus. J’écrivais comme je respirais, sans me poser de questions. Et lui recueillait mes phrases et me disait que j’avais du talent. Que j’avais ce truc là, en plus des autres. Que c’était ma force, celle avec laquelle je pourrai me battre.

Moi qui ne croyais plus en grand-chose et encore moins en moi, je me suis mise à rêver. Rêver qu’un beau jour, on emprunterait dans une bibliothèque en France un ouvrage qui porterait mon nom sur la couverture. Que quelqu’un que je ne connais pas lirait ce que j’ai dans le cœur. Et surtout, que je pourrai ce jour là le remercier en lui montrant où j’en étais arrivée grâce à lui.

Et si on me répétait souvent « C’est bien beau de rêver », comme pour me dire que je ne désirais que l’inaccessible, je gardais toujours au fond cette envie folle, ce désir de leur prouver que j’en étais capable, qu’il avait eu raison de me pousser vers le haut. Dans les moments les plus durs, ceux qui m’avaient fait baisser les bras, la petite flamme était restée.

Aujourd’hui il est parti. Mais il est toujours là. Vous me direz, ça fait cliché, oui peut-être. Mais je le sens présent, vraiment. Dans chaque mot que j’écris, chaque signe de ponctuation. Il est dans ma tête, en pleine forme, avec sa force légendaire. Je sais que je ne suis pas la seule à vouloir le remercier. Nous avons tous été ses enfants, il nous a tous fait grandir. Mais j’aimerais être celle qui lui doit le plus. Il était mon instituteur, le meilleur des meilleurs de l’univers. Je ne serai pas celle que je suis sans lui. Et ce roman lui sera dédié, le plus naturellement du monde.

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