Artichaut (mon nouveau projet d’écriture)

Hello!

Comment va depuis le temps?

Oui, oui…. Je sais, ça fait une éternité que je vous ai lâchement abandonnés ici… Bon, ceux qui me suivent sur Facebook ont eu des nouvelles entre temps quand même.

Bref, j’arrête de me justifier.

Si je reviens aujourd’hui c’est pour vous parler de mon nouveau projet, mon nouveau roman. Je vois déjà ceux qui attendaient la suite de #Backstage trépigner, mais ne vous en faites pas, je n’ai pas laissé tomber… J’ai juste fait une pause car je sens que je bute, et quand je bute, ben ça m’énerve. Alors pour ne pas perdre la motivation, j’ai décidé de partir sur autre chose. Non, pas non plus la saga familiale dont je vous avais déjà parlée. Je suis partie sur totalement autre chose, une idée qui m’est venue un soir où je n’arrivais pas à trouver le sommeil. Quelque chose de plus court, plus rapide à lire. Juste quelque chose pour réenclencher le truc.

Alors voilà, ça s’appellera « Artichaut ».  Bizarre hein? Mais ça n’a rien à voir avec un livre de cuisine. C’est l’histoire d’une jeune fille, Rose, et d’une de ses journées. Un chapitre par heure, douze heures. Et au bout de cette journée, quelque chose qui va bouleverser sa vie un peu banale. Voilà, tout simplement. Disséquer les émotions, la vie de personnages ordinaires, c’est ce qui m’intéresse le plus. Et d’après vos avis sur #Backstage, je crois que je m’en sors pas trop mal 😉

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Alors voilà, le but est de le publier un jour aussi, dans pas trop longtemps. Il ne fera pas plus de 200 pages celui-ci, probablement une centaine au maximum. Mais je ne manquerai pas de le partager avec vous quand même.

Et comme j’ai déjà envie de le partager, je vous livre déjà le début du premier chapitre! J’ai hâte d’avoir vos retours là-dessus!

Je vous embrasse!


Un fracas assourdissant. Avec un soupir de lassitude, Rose balance, comme tous les matins ou presque, son coussin à l’aveugle dans la chambre. Parfois elle entend un miaulement agacé et elle se dit qu’elle a visé juste. Ce matin, il n’y a rien. Aucun signe de vie de Lenny, son chaton. Celui qui la réveille tous les matins à six heures précises. Comme s’il était réglé comme une horloge maléfique. Depuis quand les chats de quatre mois savent-ils lire l’heure ? Quelle idée a–t-elle eu d’accepter un bébé du chat de sa meilleure copine. Elle a su l’amadouer, comme d’habitude. Lui a vanté la mignonnerie du petit animal qui se collerait à elle sous le plaid. A défaut d’avoir un petit ami. Ça fait donc un mois que Lenny avait investi son appartement. Un mois qu’elle esquive ses coups de griffe quand il veut jouer, qu’elle retrouve ses tasses préférées en mille morceaux sur le carrelage, parce que les pauvres se trouvent malheureusement sur le trajet de sa course poursuite avec une mouche. Un mois qu’elle est réveillée tous les matins de manière désagréable. On lui dit « ça va passer ! Un peu de patience, c’est un bébé ». Alors elle acquiesce, en se forçant à sourire, comme toujours.  Ce matin donc, elle ne sait pas où il s’est planqué après sa bêtise. Elle verra ça plus tard. Le réveil, le vrai, est programmé pour sept heures. Même si elle doute beaucoup sur un rendormissement éventuel, elle n’a pas le courage de sortir du lit pour l’instant. C’est sûrement psychologique. Se lever avant le soleil, ce n’est vraiment pas son truc. Traîner au lit jusqu’à ce qu’elle soit obligée d’en sortir, c’est pour elle le meilleur moyen de commencer une bonne journée.

Et puis comme ça, elle peut prendre le temps de penser à lui.  Sous sa couette, bien blottie dans la montagne de coussins qui garnit le matelas, elle ferme les yeux très fort. Alors, tranquillement, elle choisit un scénario dans la liste de ceux qu’elle s’écrit tous les jours. Il ne lui faut pas beaucoup de temps pour le voir apparaître sous ses paupières. Avec en même temps des papillons plein le ventre et un sourire niais sur le visage. Parfois, c’est intense et brûlant. Parfois, c’est plus tendre. Mais tant qu’il est là, quelque part avec elle, ça lui suffit. Il y a des scènes qu’on pourrait facilement interdire aux moins de 18 ans dans les histoires qu’elle imagine. Rose essaie de se concentrer sur le moment, sur ce qui se déroule dans son esprit et qui finit toujours bien. Loin de sa petite vie banale où rien ne se passe. Et lorsqu’elle n’a plus d’autre choix que de repousser les draps d’un coup de pied fatigué, parce qu’il est l’heure de se bouger, elle se lève en soupirant car elle n’a jamais eu le temps d’arriver au bout de ce qu’elle espérait voir dans ses rêves. Elle se dit qu’elle continuera le lendemain là où elle a dû s’arrêter. Ou alors au travail, si elle a le temps de faire une pause. Depuis qu’elle a arrêté de fumer, elle n’a plus le droit de prendre un quart d’heure pour s’intoxiquer un peu. Elle voit ses collègues rire dehors depuis la caisse où elle voit défiler ses clients. Elle a déjà failli reprendre dix fois tellement elle trouvait ça injuste. Et puis elle se rappelle que sa maman était si heureuse qu’elle se débarrasse de cette addiction. Elle ne veut pas la décevoir, en aucun cas. Elle a déjà tellement l’impression d’avoir raté sa vie. Au moins elle peut se dire qu’elle a réussi là où tant d’autres échouent. Et que c’est déjà pas mal.

Elle s’appelle Rose. Mais en vrai, c’est Rosalie. Plus personne ne l’appelle comme ça depuis que son père est parti l’année de ses quatorze ans. Il n’y a que pour l’administration qu’elle est Rosalie Lebreton. Et ça lui picote dans le dos quand elle entend ça. Mademoiselle Lebreton, âgée de vingt-huit ans et quatre mois. Vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter pour adolescentes. Fille unique et un peu dépitée de l’être. Mais ses parents n’ont jamais voulu renouveler l’expérience de la parentalité après sa naissance. Elle a toujours pris ça comme une attaque personnelle, comme si elle les avait dégoûtés de tout ça. Ça a été difficile à vivre pendant son enfance. Vers ses dix ans, leur relation de couple s’était complétement dégradée. Certains soirs, son père ne rentrait même pas dormir à la maison. Elle était encore bien trop jeune et innocente pour avoir une petite idée de où il pouvait se trouver. C’est bien plus tard, quand il avait fait ses valises pour la retrouver, qu’elle avait compris qu’il en aimait une autre. Ce jour-là, il était parti sans se retourner, comme un voleur, sans même un dernier regard pour elle, sa propre fille. Alors elle l’avait rayé de sa vie, comme lui. Elle faisait la fière devant les gens, mais pour elle il était mort. Et la cicatrice qu’il a laissée au fond d’elle ne s’ est jamais refermée complétement. Quand elle entend dire « Ah les papas avec leur petite fille, c’est quelque chose », elle serre les poings, ne répond rien et refoule les larmes qui menacent de sortir de ses yeux. Sa mère n’en parle jamais non plus, c’est comme s’il n’avait jamais existé. Et c’est certainement mieux comme ça. Elles ont fait front ensemble, ensemble contre le monde entier, comme dans la chanson. Depuis elle se méfie des hommes. Forcément. Les quelques petites histoires qu’elle a connues, n’ont pas été très concluantes. Par sa faute à chaque fois. Lorsqu’elle sentait qu’elle commençait à s’attacher un peu trop, elle s’en allait. Avant d’être quittée, car ça arriverait un jour, c’était obligé. Et elle souffrirait beaucoup trop. Donc non.

6 réflexions sur “Artichaut (mon nouveau projet d’écriture)

  1. Cléa Cassia dit :

    C’est très prometteur ! Je suis très curieuse de lire la suite 🙂
    Mon recueil de textes s’appelle « Dissections émotionnelles » alors tu penses bien que le sujet m’intéresse ! Surtout avec les éléments que tu donnes à la fin de l’extrait… Bref, bonne écriture !

    Aimé par 1 personne

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